La littérature et le cinéma représentent deux de mes plus anciennes passions. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je trouve cet entretien particulièrement intéressant, car il aborde la traduction en faisant le lien entre le véritable métier de traducteur littéraire et le thème de la traduction littéraire, traité de manière policière dans un film artistique, comparable au style d’Agatha Christie.
Ce film, Les Traducteurs (2019), est construit autour des mystères et des enjeux de la vie de neuf traducteurs qui doivent travailler ensemble et en secret (dans un bunker, en fait) pour un but commun: la traduction d’un roman écrit par un auteur célèbre. Ce thème est tout à fait plausible, car lors d’une traduction importante ou d’un manuscrit précieux, couper tout contact avec le monde extérieur est essentiel en termes de concentration sur le texte, de qualité du travail, de focalisation sur le résultat final, de respect des délais et de limitation des fuites de texte, comme l’explique le traducteur interviewé.
Il donne d’ailleurs l’exemple de la traduction de Harry Potter de J. K. Rowling pour appuyer la plausibilité d’un tel lieu secret dédié à la traduction d’une œuvre littéraire, et il renforce cette idée avec des informations concernant le cryptage des manuscrits et les normes restrictives liées à toutes les formes de connexion: Internet, e-mails, technologie et outils modernes, etc.
En ce qui concerne le temps nécessaire à une traduction littéraire, les deux éléments fondamentaux à prendre en compte pour bien l’estimer sont, selon le traducteur, la longueur du texte et sa difficulté. Il donne son propre exemple avec la traduction du roman Le Temps où nous chantions de Richard Powers, qui lui a pris presque neuf mois de travail. En général, pour lui, environ 200 pages peuvent être traduites en deux-trois mois. Toutefois, il émet une réserve quant à ce type d’estimation, car il met un fort accent sur la qualité du texte traduit et souhaite le rendre aussi bon que l’original, les relectures faisant partie intégrante de son processus habituel de travail.
Un autre point très important dans son métier est d’être sérieux et d’entretenir une relation toujours ouverte avec l’auteur.trice : rester en contact, poser des questions en cas de doute et rechercher la clarté afin de transmettre le texte source de la meilleure manière possible au public cible. Ce sont des qualités essentielles pour un(e) traducteur.trice, bel et bien appréciées par les écrivains.
Cependant, la vie professionnelle d’un(e) traducteur.trice est extrêmement solitaire. Même s’il y a un haut niveau de solidarité dans le monde de la traduction – ce qui constitue l’un des avantages de ce métier –, le/la traducteur.trice reste, par nature, un(e) professionnel(le) solitaire.
En ce qui concerne le choix des œuvres, il bénéficie d’une grande liberté : entre le fait de trouver et de proposer lui-même des livres, ou de recevoir des textes qui lui sont proposés, il peut en refuser certains – ce qu’il fait d’ailleurs plus de la moitié du temps – en tenant compte des contraintes de temps, de la nature du texte et du plaisir que le travail peut lui apporter. Ce plaisir de traduire un texte précis constitue, selon lui, la raison principale et essentielle derrière la décision d’accepter un livre, afin de conserver un sentiment de satisfaction et d'harmonie au quotidien dans son travail.
Pour conclure son entretien, le traducteur évoque le lien entre l’art et la science de la littérature et de la traduction, en donnant des exemples d’écrivains célèbres, tels qu’André Markowicz ou Baudelaire, qui, grâce à leur curiosité artistique, ne se sont pas limités seulement à l’écriture, mais ont également traduit tout au long de leur vie d’artistes littéraires.
À mon avis et vu à la lumière de cet entretien, le sujet du film me semble vraiment pertinent, unique et original, et donc particulièrement attirant pour moi, en tant qu’étudiante en traductologie et véritable cinéphile de la cinématographie française. Du coup, je pense qu’il s’agit d’une méthode plus légère et surtout informelle de voir, à travers d’un film fictif, les vraies coulisses du métier de traducteur.
Source: Les coulisses du métier de traducteur ont parfois tout d'un bon thriller
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